Le Dialogue de Haut Niveau sur l’Afforestation, la Biodiversité et la Finance Climatique, organisé à Bangui le 14 octobre 2024, a permis d’aborder les défis environnementaux majeurs auxquels fait face la République Centrafricaine. Lors de son intervention, le Président Faustin Archange Touadéra a dressé un état des lieux des enjeux critiques et a souligné les priorités de son gouvernement pour concilier protection de l’environnement et développement durable.
Une Évaluation des Défis Environnementaux
Dans son discours, le Président a mis en lumière les principales menaces pesant sur l’environnement centrafricain, telles que la déforestation, la dégradation des terres, et l’impact des pratiques agricoles non durables, des activités minières artisanales et du braconnage. « Je voudrais souligner, en ce qui concerne la République Centrafricaine, que la déforestation et la dégradation des écosystèmes sont les principaux problèmes environnementaux », a déclaré le Président Touadéra.
Il a également rappelé la vulnérabilité du pays face aux changements climatiques, exacerbée par une pauvreté généralisée et une faible résilience face aux catastrophes naturelles. Des aléas tels que les inondations, les vents violents et les vagues de chaleur affectent directement la sécurité alimentaire, la santé et l’économie des communautés rurales et urbaines.
Une Vision pour un Développement Durable
Le Président Touadéra a souligné les efforts de la République Centrafricaine pour répondre à ces défis. Depuis la conférence de Rio en 1992, le pays a adopté une série d’accords multilatéraux et mis en place une politique environnementale encadrée par des textes législatifs et institutionnels. Des initiatives telles que le Plan National d’Adaptation et le Cadre National d’Investissement REDD+ (CNI REDD+) témoignent de cette volonté.
Il a par ailleurs annoncé la création du Fonds National pour le Changement Climatique (FONACAR), destiné à mobiliser des ressources à hauteur de 108,6 milliards de FCFA d’ici à 2030. Ce fonds permettra de financer des actions prioritaires dans les secteurs de l’agriculture, des ressources naturelles, de l’énergie, et de la gestion durable des forêts.
Répondre au Paradoxe Ressources-Pauvreté
Le Président a mis en évidence le paradoxe entre les richesses naturelles du pays – incluant 28 millions d’hectares de forêts, 15 millions d’hectares de terres arables et des ressources minières diversifiées – et la pauvreté endémique qui touche une grande partie de la population. Il a affirmé que ce défi peut être relevé grâce à des politiques intégrées prenant en compte la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques.
« Le paradoxe entre le potentiel naturel et la pauvreté endémique qui caractérise le pays constitue un défi que le gouvernement s’est engagé à résoudre à travers plusieurs politiques, plans et stratégies qui prennent en compte la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques. »
Vers des Systèmes de Production Durables
Le système de production centrafricain doit évoluer pour intégrer pleinement les dimensions environnementales et climatiques. Avec l’appui de l’Initiative des Forêts d’Afrique Centrale (CAFI), le gouvernement élabore des stratégies pour rendre les systèmes agro-sylvo-pastoraux plus résilients, compétitifs et respectueux de l’environnement.
Le Dialogue de Haut Niveau a permis de réaffirmer la volonté du gouvernement centrafricain de placer la protection de l’environnement au cœur de ses priorités stratégiques. Grâce à des partenariats solides et à une vision claire, la République Centrafricaine entend démontrer qu’il est possible d’allier préservation de la biodiversité et développement durable.








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